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Conférence Léo Lelée

Mollégès

Une conférence par Michel Gay sera suivie par une mise en situation des oeuvres du Peintre par l’atelier de Couture de Maillane commentée par Nicole Niel.

Michel Gay écrivain, historien, président des amis de Leo Lelée et Chevalier de la Légion d’honneur s’avance. Vieille France, il ne tombe la veste qu’après avoir demandé l’assentiment de la salle.

Il entame son propos.

Trois Arlésiennes sont célèbres. L’Arlésienne de Daudet, que nul ne verra jamais, celle de Van Gogh la tenancière du café de la Gare, Mme Ginous, et celle de Lelée.

Celle de Lelée représente plus de 11000 images originales. "Cette arlésienne a su magnifier par le galbe de la silhouette, la grâce du geste, la noblesse de la démarche et du port, la beauté gréco-romaine des filles du pays d’Arles."

Dans cette vision, Lelée et Mistral ne pouvaient que se rencontrer. Alliant ensemble le mot et l’image dans une même harmonie. L’amitié entre ces deux hommes offre au pays d’Arles quelques unes de ces plus belles pages.

De la Roquette où Lelée débarque le 3 mars 1902, à la Hauture, où il décèdera, le "Debussy du Crayon" ou le "Mistral du pinceau" dépeint Arles et la Provence.

Mr Gay introduit Lelée par l’entremise de textes de ces contemporains. "Léo Lelée est celui que la Provence attendait" conclut Jeanne de Flandreysy dans la Vénus d’Arles de 1903.

Mais aussi et surtout par l’étude de quelques unes de ses oeuvres, Son oeuvre. [1]

Tout commence ...

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Une période Art déco à Paris, où l’on constate qu’il était déjà spécialiste de la coiffe, des costumes.

Puis son arrivée en Provence...

Que dire de cette heure passée en compagnie d’un passionné. Vous n’y étiez pas ?

Quel dommage. Laissez moi tenter d’atténuer votre frustration. Voici quelques moments de la vie de Léopold...

Une première lithographie parmi les plus célèbres qui soient, lithographie que l’on retrouve dans la Vénus d’Arles de 1903. Les Vestales présentées portent les différents costumes encore revêtus en Arles en ce début de siècle. La scène est dessinée sur la promenade des Lices en automne si l’on se réfère à la végétation ou aux châles de ces dames
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Une des premières cartes réalisée dans le Midi. Esprit Art-déco, et décor végétal. Un des premiers portraits d’arlésiennes
Léopold se marie le 15 Janvier 1903 avec Rosa, son premier modèle. Sur cette photo, on découvre son atelier richement décoré par une production qui sera simplement monumentale.
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Sa Galerie, au 1 du Rond point des arènes, au pied des arènes. La première maison de la Culture d’Arles.
Il aura été le premier photographe d’Arles, mais pas seulement. ..
Lelée vivait de son art et le déclinait dans tous les arts : Photographie, peintures, aquarelles...
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Mistral en 1907, à Maillane. Mistral et Lelée entretinrent une riche relation de textes et de dessins. Mistral a lancé Lelée, entrainant dans son sillage la Nacioun, et le Félibrige qui se mirent à commander des oeuvres au peintre. Mistral disait "L’image est le reflet exact de la Pensée". Ce à quoi Lelée répondait "La poésie est vraiment la force devant laquelle tous s’inclinent."
La "Festo vierginenco". Lelée était comblé par le costume d’Arles. Voyant son intérêt pour ce costume, Mistral lui confia l’organisation des 2 premières festo Vierginenco.
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Nous sommes en mai 1904. De 60 la première année, elles sont plus de 300 l’année suivante pour une cérémonie de prise de ruban dans le Théâtre Antique, le museon Arlaten devenant trop petit. Sur ce dessin, on voit Mistral au centre distribuant les diplômes devant le Capoulié Joubert qui inscrit les chatouno.
Lelée dessinait les diplômes. Chaque année différent, faits au pochoir, cela représentait un travail colossal.
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Lelée a également illustré les chansons provençales, dont la chanson des festo avec son refrain et ses 18 couplets. Il a illustré la coupo Santo, la chanson gardiane...
Lelée a également songé offrir à Mistral une statue de son vivant. Il lança la souscription pour édifier cette statue sur la place du forum pour le cinquantenaire de Mireio en 1909. Lelée avait fait des travaux dans l’hotel du Forum, et y avait dessiné de somptueuses fresques, hymne à la Provence Mistralienne.
Cette décision fut prise lors d’un banquet dans l’hôtel, en compagnie de Jeanne de Flandreysy, Joseph D’arbaud ou encore Yvan Pranischnikov...
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Lelée faisait partie du Comité des fêtes d’Arles, et de moultes autres comités. En tant que membre, il dessina les programmes des fêtes d’Arles et les affiches, dont celle ci de 1913.
Sur cette affiche de 1913, Si la farandole est une oeuvre de Lelée, le cavalier est une oeuvre d’Eugène Cartier. Cartier et Lelée étaient associés ensemble dans une association appelée le Trident, une des rares alliances entre artistes qui réussit.
Une aquarelle au pochoir, porte le tampon du comité des fêtes d’Arles dont Lelée était le dessinateur officiel
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Il assista à l’inauguration de la statue de Mireille aux Saintes.
Phèdre de nuit au théâtre antique. Sa maestria lui a permis avec une seule encre de chine de produire un tableau exceptionnel, n’oubliant rien, pas même lui autportraituré à droite de la toile.
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Peintre des scènes de vie, il se déplaçait en campagne, pour peindre comme ici la cueillette des olives.
Une période qui ne dura pas, mais des plus recherchées aujourd’hui. Période d’avant 1909.
Le dessin est épuré, stylisé, limite cubiste. Lelée disait "C’est tout un art de faire connaitre tout l’essentiel d’un seul coup de pinceau". On retrouve son coup de pinceau sur cette toile revenu à grands frais de Chicago.
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Une mireille... Il en a inondé le monde...
Les fresques de l’hôtel du forum. Ces décors représentent la Provence, véritable carte de visite de la Provence pour tous les touristes passant par Arles. Les murs étaient couverts de panneaux de plus de 2m de haut, des huiles sur bois aujourd’hui sauvés dans le musée du costume de Tarascon. Les peintures murales en revanche, abimées par l’humidité et les changements de température et d’humidité des années de guerre ont fini grattés par le propriétaire des lieux.
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Dans cette carte de visite on trouve un raccourci de la Provence. Le théâtre antique dans l’’huile sur toile à droite, et la peinture murale représentant les Saintes Marie de la Mer et son église fortifiée.
Autre raccourci sur ces représentations : Les arènes face à Montmajour, Sainte Croix les oratoires de Fontvieille et le moulin de Daudet. La salle de banquet de l’hôtel du Forum était une visite de toute la Provence environnante.
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Une Sanguine sur les arènes d’Arles lors d’une corrida, "géniale" dans sa conception... le monde sur les gradins, et la dynamique de l’ensemble
"O tu que siès estado tout ço que l’on pòu estre, la metroupòli d’un emperi, la capitalo d’un reiaume e la matrouno de la liberta...". Affiche de 1923, qui perdure encore dans sa beauté. Arles n’a pratiquement pas changée le long du Rhône. On n’a pas fait mieux. Le patrimoine et la tradition en un trait.
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Phèdre au théâtre antique, à la lumière des chandelles, et de la Pierre.
Mme Mistral préside les Fêtes de 1930. Frédéric a disparu... C’est le 5ème congrès du Rhône et le centenaire de la Naissance du Poète. Le programme concocté est exceptionnel. Festival mixte avec le Limousin, Jeux Floraux, Fête du Costume, Bataille de Fleurs, offrande au Rhône, Mireille au théâtre antique avec plus de 200 participants, Cocarde d’Or aux Arènes, Fête de la Confrérie des gardians.
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Diplôme de 1903." Tant qu’auren lou riban e la capello, lis Arlatenco saren li pu bello". Repris en 1941 dans la Revue d’Arles.
Les Arlésiennes en Tanagra. Imposantes comme des déesses. Belles comme une frise antique.
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La Fameuse Farandole, héritée des grecs. qu’il a réhabilité et immortalisé. Les mouvements de jupes qui tournoient. Une joie de vivre qui ferait presque entendre le galoubet. Ces nombreuses farandoles sont déclinées dans différents styles, dont certaines sont issues d’un seul coup de pinceau, la ligne de synthèse, qui n’affiche plus que la vie et le mouvement. C’est l’éloquence du trait, le graphisme devient musical.
Lelée a également peint des cérémonies religieuses. Sur ce pèlerinage aux saintes, on peut lire la maestria du peintre à travers le luxe de détails. Arlésiennes en ruban, Gitans, visiteurs en costumes parisiens communient ensemble lors de la sortie des saintes.
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Un enterrement à Saint Trophîme. Les Porteuses de voile.
Lelée a fait élire Angèle Vernet en tant que Reine d’Arles en 1930. Sur cette peinture est représentée le Mariage d’Angèle. Maryse Orgeas succède à Angèle Vernet comme reine d’Arles.
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Lelée ou comment exprimer l’inexprimable dans cette toile. La vieille génération donne des leçons à la jeunesse insouciante qui la raille.
L’élan de la Beauté. La préparation pour les festo vierginenco.
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Lelée a fait beaucoup de planches sur le costume répertoriées dans la revue d’Arles de 1941. On trouve ces planches dans l’Accent de Provence et dans beaucoup d’autres revues.
Lelée déplace les foules. Les manifestations ou les conférences sur ce peintre font courir la foule, comme ici à Fontvieille. La ville dans laquelle il vécut 19 ans. Sur cette photo par exemple prise il y a 25 ans, on peut voir l’épouse du consul général du Japon à Marseille, Mme et Mr Laborde, Mr René Jouveau, capoulié du Féligrige, L’actuel maire de Fontivieille, et Mmr Annie Laurent.
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Et l’engouement ne tarit pas.

Vous avez lu jusqu’à son terme ce texte, ce n’est pas pour la prose de ce texte, juste pour le coup de pinceau du maître.

Tout comme la salle était comble hier soir à Mollégès.

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Michel Gay un conférencier hors pair mais aussi et surtout un ecrivain qui a consacré plusieurs ouvrages au peintre .

Vous pouvez obtenir des renseignements sur ces ouvrages sur son site internet http://michel.gay.provence.free.fr/

samedi 14 avril 2007, par Eric Blanc, Magali Blanc

En images

Notes

[1] Une oeuvre protégée jusqu’en 2017, plus les années de guerre, avis aux copieurs.
©Eric Blanc, 2013
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