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Finale du Trophée des As 2008

la capelado

Il existe deux façons d’assister à un spectacle.
La première est de s’imposer aux répétitions. Elle permet d’assister au montage technique de l’ensemble, d’en appréhender l’ampleur artistique et technique. Un danseur n’est pas à sa place, une arlésienne pas dans la ligne. Tout se peaufine avec minutie. Rien n’est laissé au hasard, tout est pensé réfléchi. Un tableau va se dessiner. Les couches de peintures doivent suivre les circonvolutions des Cavaliers, danseuse et arlésiennes.
L’autre façon est d’être présent au milieu du public pour profiter de ce moment unique. Une seule représentation. Un seul instant en ouverture d’un autre spectacle. Patrice Blanc, le chef d’orchestre se voit confier encore une fois l’organisation de la capelado de la finale du trophée taurin. Un choix qui ne se dément pas, tant la prestation fournie par l’artiste est fantastique. Le public venu remplir les gradins s’est déplacé pour voir un sport viril presque violent dans l’affrontement entre l’homme et l’animal. Un sport qui est tout sauf féminin.

L’exploit est de faire précéder ce spectacle par de la poésie, une touche d’opera, de la danse...

Cette année, les arènes sont transformées en tableau. Un Lelée, évidemment. Une composition avec comme toile de fond la Camargue, l’oeuvre de Mistral et les arlésiennes.
Les premiers traits sont tracés par un carrousel de chevaux, qui dansent en piste, précédant dans leur prestation une allégorie sur Mireio et Ourrias.
Aujourd’hui Chloé est Mireio et Ourrias un Cheval.

L’instant passé, les danseurs plantent les couleurs Rouge et Vert de la Ville, alors que les farandoleuses les encadrent.

Et le public entre dans le tableau. Il n’est plus spectateur, il devient le cadre qui manquait encore. Il applaudit au moment où les danseurs vont arriver, applaudit quand vont entrer les arlésiennes. Apanage de la réussite d’un projet, comme on applaudit l’esquisse d’un maitre avant les touches de couleur, les spectateurs applaudissent les figures des danseurs avant même de les voir.

Un grand moment. Plus de vingt Cavaliers, 120 farandoleuses, les couleurs de la ville partout, la reine d’Arles et ses demoiselles d’honneur...

Tout un cérémonial.

Mais un tableau se doit de mettre en valeur ses personnages. Le maitre ne l’a pas oublié, et parvient à mettre en valeur chacun des acteurs à son tour : Caroline Serre, XXe Reine d’Arles seule au centre de la piste, les Manadiers présentés au public au bras de demoiselles en Gansés, les Raseteurs se partageant autour d’une haie de drapeaux. Chacun d’entre eux reçoit l’hommage qui lui est dû, chacun a sa dimension, dimension qui sait se faire grave avec la minute de silence en l’honneur des disparus, en particulier les deux grands noms qui nous ont quitté il y a peu : Espelly et Jalabert.

Le tableau est complet, signé. Il est l’heure des Biòu...

samedi 18 octobre 2008, par Eric Blanc

P.-S.

Article copublié sur http://www.ffcc.info/article4680.html

En images

Les Peña Les gardians de la Montagnette Mireio et Ourias La Reine d'Arles Les Couleurs de la ville Danseurs et Arlésiennes L'entrée des farandoleuses Les Gardians se placent Entrée des enfants Jacques Mailhan et Caroline Serre Entrée des manadiers Entrée des raseteurs
©Eric Blanc, 2013
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