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A la découverte de la course landaise

Surprise à l’arrivée à Marciac. Le village est petit, mais le festival international de Jazz qui s’y déroule n’a rien d’un petit évènement. A tel point que trouver une place de parking relève de la gageure.

La course ne va plus tarder. Nous arrivons aux arènes avec des images de course camarguaise plein la tête.
Même passion, même ambiance. Je taille le bout de gras à l’entrée avec les coursayres, demande quelques conseils sur le déroulement de la course, où me placer pour faire quelques photos... Je finis ainsi en contrepiste, derrière les talencaires. En course landaise, les barrières sont hautes de 1m50, les raseteurs qui se sont essayé dans ces pistes ont eu bien du mérite...

Je pose la question stupide : "Elles ne sautent pas au moins ?"
Nooon, on est pas en course camarguaise, il n’y a pas de souci de ce genre ici...
Soit. Faudra penser à expliquer cela à la deuxième coursière de l’après midi qui est tombé en contrepiste deux mètres derrière moi...

Bref, je m’en doutais quelque peu, toujours rester vigilant quand des cornus sont à proximité... C’est vrai que ces demoiselles sont emboulées, c’est une des deux caractéristiques de la courses landaises : Ne courent que des femelles, et elles sont emboulées. Mais bon, tout de même...

La course va débuter

La course landaise met en scène une série de vaches, les coursières face à une équipe d’écarteurs et sauteurs, la cuadrilla. Dans une course classique, 8 vaches sortent en première partie pour 9 écarts, dont une sans corde, une vache débutante et une réservée au sauteur. En seconde partie 6 vaches dont une pour le sauteur, les 2 dernières vaches sont en général les plus réputées les plus dangereuses.

Il y a donc dans une cuadrilla des écarteurs et un ou deux sauteurs sous la conduite du chef de cuadrilla.

L’écart est noté de 0 à 5 pour sa difficulté, sa prise de risque et sa pureté. L’écarteur doit passer le plus près possible de la vache sans jamais se faire bousculer. Il y a deux formes d’écart :
- l’écart feinté lors duquel l’écarteur "embarque" la coursière dans un pas et l’évite sur le pas opposé.
- L’écart sauté est plus difficile à réaliser. L’écarteur attend l’arrivée de la vache, puis il saute pieds joints, retombant devant la vache en avançant la jambe externe pour pouvoir sortir du berceau des cornes en creusant les reins.

Le sauteur, lui, doit passer bien au dessus de la vache. Là encore différents sauts sont effectués :
- Le saut périlleux
- Le saut périlleux vrillé
- Le saut de l’ange
- Le saut pieds joints dans un béret, les jambes attachées par la cravate.

Pour le reste... Comme en course camarguaise, et loin des règles écrites, il existe des subtilités que seule la pratique assidue des étagères permet de saisir. Le choix de l’écart vers la corde ou à l’extérieur selon la corne d’attaque de la coursière en est une. Le placement par le cordier derrière son refuge en est un autre.

Mais le spectacle se suffit à lui seul. La course landaise est plaisante, agrémentée d’un décorum qui contribue à rapprocher les acteurs des spectateurs : Un paséo nickel chrome, des vueltas méritées, des fleurs offertes aux compétiteurs et la musique d’une marche cazérienne faisant participer le public sont autant "d’accessoires" propices à ce rapprochement entre gradins et piste.

Une découverte qui en a ravi plus d’un autour de moi. Pas tous, évidemment...
Que serait donc un spectacle taurin sans reboussier. Mais Il y avait en piste tous les ingrédients propres à faire aimer ce sport aux néophytes : Un maestro, 8 fois champion de France des écarteurs, accompagné de jeunes de l’école taurine, des coursières pleines de sang, le président de la Fédération Française de Course Landaise dans la tribune présidentielle, des spectateurs avertis prenant en main les touristes, un commentateur expliquant, détaillant sans jamais sombrer dans la logorrhée, et même une coursière dont la prestation est commentée "comme dans une vraie course" afin que les néophytes puissent goûter l’ambiance d’une compétition ...

une vraie découverte d’un sport patrimonial. Une après midi riche d’enseignements sur la présentation d’un spectacle.

Si vous passez par là-bas... Pensez à vous arrêter.

Retrouvez plus d’infos sur la course landaise sur le site de la Fédération Française de Course Landaise http://www.courselandaise.org/...

mardi 2 septembre 2008, par Eric Blanc

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