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Guy Ferrer

tisserand

Le ruban...

Pièce maitresse du costume d’Arlésienne, il constitue cette marque distinctive sur laquelle tous se retournent. Son choix va guider le choix du reste du costume.
Choix des étoffes, avant même le choix des couleurs, choix du fichu (couleur, broderies)...
Tout dépend du ruban. La raison en est simple. Il en existe peu. Certains sont hérités d’hier, toujours de leur couleur d’origine ou teintés en bleu, suite à un deuil ou même pour répondre à un effet de mode du début du siècle. Les autres sont neufs, éclatants.
Ces derniers sont toujours tissés. Si début du siècle, les rubans venaient de la Loire et de Rhénanie, aujourd’hui, un métier à tisser tourne encore du coté de Saint Etienne pour produire des rubans. Guy Ferrer est responsable de cette production. Il vient juste de choisir la gamme des couleurs de la prochaine collection qu’il va mettre sur le métier.

Une technique d’hier

La confection des rubans est une histoire en marge des techniques de productions de masse de ce siècle. Loin du schéma de la rentabilité qui veut que l’on augmente les volumes pour diminuer les coûts de production, ici le temps est maître du jeu.
Il faut d’abord choisir les couleurs de la prochaine collection. Ce choix effectué, il faut faire teindre la soie. Puis vient la mise en bobine des 4500 fils de trame de chaque ruban. Ensuite vient le choix du motif du ruban, le dessin est souvent reproduit depuis des rubans existants. Enfin, le montage du metier à trois rubans simultanés, et le tissage en lui même complètent le processus de création. Les séries sont limitées, il n’est pas question de produire en masse des rubans à l’identique. Une vingtaine de rubans, tous différents, issus du mélange des couleurs, en utilisant une douzaine de motifs originaux seront créés.

Trois mois auront ainsi été nécessaires pour parachever ce processus... _ Trois mois, à condition d’utiliser les motifs existants.
En effet, la création d’un nouveau motif pour le métier signifie de faire perforer une carte. Les métiers utilisent ces cartes pour définir le trajet des fils de chaîne. 10000 passages de fils pour autant de lignes à perforer. Chaque carte représente une fortune à faire créer.

Des rubans... Et des tissus

Mais l’atelier du tisserand réserve encore d’autres surprises. L’homme est discret, mais son goût est sûr. Pour preuve, ces encouragements de Madame Pascal, sur un ruban qu’il avait pourtant tendance à trouver un peu trop éclatant, les rubans étaient bien comme cela... Les rubans sont cachés il vous faudra les demander, de même que les pièces d’étoffe qui pourraient être utilisées pour un costume. Inaccessibles à la vue au prime abord, quelques rouleaux vous feront pour autant rêver.
Quoi qu’il en soit, et que le tissu ait déjà été choisi ou non, la visite de cet atelier s’impose, pas seulement pour les rubans. Mr Ferrer sait écouter et conseiller pour offrir à nos arlésiennes cette diversité sans laquelle ce costume se figerait dans un folklore dont personne ne veut entendre parler. Le costume d’Arles suit la mode, évolue. Il en était ainsi hier, il DOIT en être ainsi aujourd’hui.

mercredi 24 août 2005, par Eric Blanc, Magali Blanc
©Eric Blanc, 2013
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