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Beaucaire célèbre le 550ème anniversaire de sa foire.

La Foire de Beaucaire serait donc née en 1464. Rien n’est moins sûr., mais est-ce important ? Il n’est pas question de la signature d’un traité ou de la date d’une bataille, mais d’un marché qui a pris de l’ampleur au cours de décennies, notamment grâce à l’amélioration des moyens de transport. De plus, en 1481, le rattachement de la Provence au Royaume de France raffermit l’axe Marseille-Lyon.
La première trace écrite faisant mention de "Foire de Beaucaire" date de 1168.
Elle débute le 22 juillet, fête de Sainte Madeleine, pour une durée originale de trois jours fériés auxquels s’ajoute souvent le dimanche. Plus tard, d’autres fêtes proches de cette date ont permis d’étendre sa durée sur une semaine, voire une dizaine de jours.
Le succès de cette foire a explosé lorsqu’une franchise totale de droits a été octroyée ; ainsi, son atout majeur résidait dans l’absence totale du contrôle des individus, d’impositions et de péages. Cette franchise a permis d’attirer les commerçants du monde entier : Moyen Orient, Indes, etc via Marseille et les riches pays nordiques, Allemagne, Pays Bas, etc via Lyon.
Le déclin est survenu autour de 1850 pour diverses raisons : locations trop élevées, accélération des transports et perte d’intérêt à une centralisation sur Beaucaire, perte de la franchise ( "grâce" à la révolution).


Ce dimanche, Patrice Blanc a concocté une promenade beaucairoise jalonnée de surprises. Celle-ci était dirigée et commentée de façon plaisante et humoristique par Madame Véronique Martin.
Le départ se situait au "Pré de Beaucaire", cette vaste prairie en bord du Rhône, avec le peuple au travail. En réalité, les femmes uniquement, car les hommes devisaient et riaient de bon coeur. Certain jouait au bilboquet. Il se rebellera en lisant ces lignes : "Jouait, jouait, que ne faut-il entendre ? Je travaillais, Mossieur. Je suis fabriquant de bilboquets et j’en calibrais les trous !!!".
Du "Pré", entrée en ville avec divers arrêts sur la Place de la République, d’un Hotel de Rapports (pas de paperasses ou financiers, mais avec les gourgandines) et à l’Hotel de Ville où chaque négociant devait retirer son passeport de franchise, spécifiant sa liberté de commerce sans paiement de redevances au roi. Après un passage au parvis de l’église Notre Dame des Pommiers, la promenade s’est terminée dans la cour de l’Hotel de Clausonnette, hôtel particulier du 18ème siècle, avec une scénette reconstituant le "Souper de Beaucaire", oeuvre d’un certain Buonaparte Napoleone.

Cette errance était parfaitement conçue, car elle respectait la répartition des catégories sociales : au peuple le bord du Rhône, le centre ville aux riches marchands désireux de confort pour lesquels des quartiers, des rues entières étaient réservées.

Merci à Patrice Blanc, à Véronique Martin, aux partenaires de la Culture et à toutes les personnes qui se sont costumées à cette occasion ; aux associations Soie et Velours d’Argence, l’Atelier du Costume,, le Quadrille Phocéen, Zumaï, la Cour du Roy René, les Hussards de Giono, les Attelages Dubois. Que les oubliés accordent leur pardon à l’auteur.

Pour les intéressés, divers articles concernant le sujet sont disponibles sur internet (Foire de Beaucaire- Wikipedia) ; un fac similé d’un livre "Foire de Beaucaire, nouvelle historique et galante" de David Rochefort (1708) y est présent dans son intégralité.

mardi 29 avril 2014, par Guy Nolet

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