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Fête des bergers 2008

Le Premier dimanche de Décembre clôture la fête des Bergers à Istres. La fin d’une semaine folle qui a vu passer un concours de chiens, des spectacles, des veillées, un loto... Et qui se termine donc par une grande journée.
Une journée qui commence au domaine de Sulauze avec une messe en lengo nostro, et une procession vers la chapelle Sainte Madeleine où Caroline Serre XXe Reine d’Arles et Laure Novelli demoiselle d’honneur lui rendent hommage.

Le soleil d’hiver nous fait grâce de sa présence, allongeant les ombres et illuminant les visages des pèlerins, visages toujours plus nombreux d’une année sur l’autre. La bergerie dans laquelle se tient la messe est si grande vide, mais semble si petite en ce dimanche matin pour l’office du Père Desplanches. Cette année, nombre de ceux qui sont venus entendre l’homélie du prêtre devront se résoudre à ne pas y assister. Malgré le réaménagement de la bergerie pour augmenter sa capacité, quelques ouailles sont dehors.

La messe finie, le cortège se forme et la procession déroule son bandeau jusqu’à la chapelle Sainte Madeleine : Mr le Maire et son adjoint en charge des manifestations de traditions en tête suivie par la calèche de Mr le curé en compagnie de nos arlatenco Caroline et Laure. Les gardians ferment la marche, apportant cette touche particulière qu’on ne retrouve qu’en ce pays si particulier et qui fait si cruellement défaut quand on s’en éloigne.
Heureusement devrais je dire tant les chevaux sont les seuls à être en mesure de faire reculer un lot de spectateurs plus que pressants...

Une matinée à Sulauze ne saurait se terminer sans le vin chaud offert par le maitre des lieux. Le premier dimanche de décembre doit vraiment se commencer au domaine de Sulauze... Un instant à part.

Mais la journée ne fait que commencer, et une fête en Provence doit avoir son défilé. Encore une fois les organisateurs trouvent LA touche.

Rien n’a encore commencé quand au loin une mélodie...
Le son clair de cloches tintinnabulent quelque part. Ces cloches s’appellent Bruxelles, Cracovie, Bregen, Saint Jacques de Compostelle, Reykjavik, Prague, Helsinki, Bologne, Bergen et Avignon. Ce sont celles du Carillon de l’Europe, le Carillon du Ban des Vendanges qu’Avignon a fait créer en 2000 lorsque la ville et ses consoeurs ont été capitales de la Culture Européenne. Le maitre André Gabriel délaisse cette après midi sa massette et son galoubet pour tenir les marteaux et faire résonner le son clair de cet instrument unique. L’effet est saisissant, la maestria du musicien et son âme d’enfant donne aux mélodies un de ces sourires que l’on devine même lorsqu’on ne les voit pas.

En tête de cortège, il semble attirer à sa suite les participants de ce défilé.

Il est accompagné bien sûr, et les groupes lui donnent echo de sa musique au son des fifres et tambours de Gémenos ou des galoubets tambourins du Trelus d’Istres. Parachevant l’oeuvre, les habitués de ce défilé qui a trouvé son empreinte sont la carreto ramado de Saint Remy, les gardians d’Istres et Miramas, lei dindouleto dou Roucas, la Ribambello de Tartarin, Reneissenço, ou encore les attelages du pays d’Arles...

Sans oublier bien sûr, que serait la transhumance sans les bédigues, les 3000 bêtes de Chistian Trouillard.

Passage extraordinaire d’un tel troupeau dans les rues d’une ville, le ruban de laine semble ne pas vouloir se terminer, uniquement tâché ça et là du brun de la robe d’une chèvre du Rove.

Extraordinaire...

Tout a une fin, celle là se passe à la salle des fêtes. Les fifres et tambours de Gémenos ouvrent un bal dont le trelus signe l’apothéose. Un tout nouveau spectacle autour de la cueillette et la transformation de l’olive. Lou Trelus glane, cueille, presse, goute. Un spectacle mettant en scène des générations de danseurs de 4 ans à ... chuuut...

Tous travaillent l’olive, tous dansent et rient pour le plus grand plaisir des spectateurs qui participent de ce tableau, adhèrent à l’idée, voire se rappellent peut être un peu qu’ils ont un jour cueilli ces fruits. Aujourd’hui Le Trelus les emmène sur scène avec eux. La force de ce groupe est sa capacité à partager l’émotion unique d’un air de galoubet avec une salle entière.

mercredi 10 décembre 2008, par Eric Blanc, Magali Blanc

En images

©Eric Blanc, 2013
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