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Discours donné par Nathalie Chay XIXe Reine d’Arles (traduction du Provençal en français)

Fête du costume 2008

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Monsieur le Président de Région et Député
Monsieur le Maire et son conseil municipal
Mesdames et Messieurs les Maires et élus du Pays d’Arles
Monsieur le Capitaine de la Confrérie des Gardians de Saint George
Monsieur le Capitaine de la Nation Gardiane
Monsieur le Président de l’Association des Gardians Professionnels
Monsieur le Président du Comité des fêtes
Genti Reino qui nous font l’immense honneur d’être aujourd’hui à nos cotés
Gento Reine Caroline et ses demoiselles d’honneur
Peuple d’Arles et du Pays d’Arles

A chaque discours, on énumère quantité de personnalités à saluer, comme je viens de la faire, et finalement on ne fait rien de plus que les citer. Parce que ma reconnaissance envers ces personnes ne se limite pas simplement au fait de les citer, je voudrais m’adresser à chacune d’elle un peu plus longuement :

Monsieur le Président de Région et Député Michel Vauzelle
Monsieur le Maire d’Arles Hervé Schiavetti et son conseil municipal
Mesdames et Messieurs les Maires et élus du Pays d’Arles.

Vous qui êtes les autorités politiques de cette région et de ce pays de tradition, vous qui êtes nos hôtes partout où nous sommes, à vous va mon tout premier remerciement. D’abord parce que vous nous avez toujours accueillis à vos cotés avec beaucoup de respect et de sympathie et aussi parce que c’est vous qui avez la lourde tâche de défendre nos traditions et surtout l’enseignement de notre langue provençale auprès des plus hautes instances politiques nationales et européennes. Nos traditions ont besoin de vous pour perdurer, nous sommes leur corps et leur âme, soyez leur voix pour dire en hauts lieux l’identité qui est la nôtre.

Monsieur le Capitaine de la Confrérie des Gardians de Saint George
Monsieur le Capitaine de la Nation Gardiane
Monsieur le Président de l’Association des Gardians Professionnels

Vous qui faites le mestié de glori malgré toutes ses difficultés et ses exigences, vous qui êtes bien souvent nos protecteurs, nos cavaliers. Merci d’apara nos traditions au quotidien dans votre métier ou votre passion. Et merci de nous avoir accueilli dans la grande famille de la bouvine et de la roussatine.

Aujourd’hui, pour la dernière fois, je me trouve devant vous tous rassemblés dans ce merveilleux théâtre antique pour marquer la fin de notre règne, le 19ième et le début d’un autre, le 20ième. Nous vivons à cet instant un pur moment de transmission et de partage. La transmission d’un titre et d’une charge et le partage d’une passion, d’un art de vivre. En effet, le maintien de nos traditions passe par un geste capital : celui de la transmission de cette flamme, de ce flambeau, qui passe d’une génération à l’autre. Aujourd’hui ce flambeau passe d’un règne à l’autre, d’une reine à l’autre, dans un esprit de jeunesse éternelle et d’immortalité. Cet esprit qui caractérise les Reines d’Arles depuis la première d’entre elle Angèle Vernet, et qui donne à la fonction toute sa beauté et tout son charme.

Trois années se sont écoulées depuis que nous, 19ième règne, avons reçu cette charge. 3 ans, ce n’est pas rien. C’est bien plus qu’une simple étape parmi tant d’autres dans notre vie, ce règne nous a profondément marqué. La raison ? Imaginez 7 jeunes filles, plutôt discrètes qui osent se présenter à l’élection de la Reine d’Arles et des ses Demoiselles d’honneur, qui sont élues, et qui vivent pendant 3 ans une expérience si extraordinaire que seules celles qui l’ont vécu peuvent avoir une idée du profond épanouissement que cela provoque en nous.

Pour moi, ce fut un défi immense, je me sentais comme un simple passant élevé d’un coup au rang d’alpiniste avec en face de moi une montagne gigantesque que je devais franchir.
Pourquoi cette métaphore ?
Tout simplement parce que comme un alpiniste à l’assaut d’une montagne, mon chemin fut à la fois éprouvant et sublime. Et comme en haute montagne, il n’y avait ni grande route toute tracée ni même un chemin ou un sentier. En revanche, loin de la solitude de l’alpiniste, mon parcours me fit rencontrer de plus en plus de gens, et au fur et à mesure que j’avançais, leur soutien était de plus en plus fort et leur présence de plus en plus importante à mes yeux.

Ces gens, c’est vous peuple d’Arles et du pays d’Arles et vous tous, gens de tradition ; vous que j’ai pu simplement croiser ou au contraire avec qui j’ai pu partager des moments de complicité ou d’amitié. Vous avez été mon oxygène pendant ces 3 ans et bien que l’oxygène se raréfie pour l’alpiniste au fur et à mesure de son chemin, le mien n’a cessé d’abonder, de croître encore et encore. Vous avez touché mon cœur bien plus profondément que je n’aurai pu l’imaginer. Souvent par de petits gestes, des attentions, de simples regards ou des éclats de rires ; des mots gentils ou le poutoun de petites filles aux yeux illuminées. Pour toutes ces petites choses que vous m’avez offertes, qui ne sont rien d’autres que du respect et de l’amour je voudrais vous dire merci. Du plus profond de mon cœur, merci de m’avoir accueilli il y a 3 ans, de m’avoir guidé, de m’avoir inspiré et surtout merci de m’avoir aimé.

Ce jour, le 6 juillet 2008, est important à plus d’un titre. Premièrement parce qu’aujourd’hui c’est l’intronisation de la 20ième Reine d’Arles et de ses Demoiselles d’honneur, et deuxièmement parce que beaucoup de nos davancièro sont ici rassemblés pour l’accueillir. Vous savez comme moi que ce titre de Reine, et celui de Demoiselles d’honneur aussi, l’avèn un jour, l’avèn toujour. C’est une des raisons qui donnent sa valeur et sa grandeur à ce titre. Et ce, grâce à l’aura qui émane encore et toujours des Reines d’Arles. Genti Reino, vous êtes pour moi et pour tout un peuple de grandes Dames, emblèmes de notre culture et de nos traditions. Pour le dévouement au titre qui fut, et qui est encore le vôtre, pour votre beauté, votre grâce, et surtout pour votre présence encore aujourd’hui sur cette scène, vous méritez le respect et l’admiration de tout un peuple. Un peuple qui n’a jamais oublié celles qui l’ont représenté, un peuple qui les a aimé et qui les aime toujours.

Parmi ces reines, il y en a trois qui ne sont pas sur cette scène, mais qui nous regardent de leur trône céleste. Genti Reino Angèle Vernet, Maryse Orgeas et Madeleine Boyer, votre souvenir est en ce jour bien vivace et vous serez à jamais dans nos cœurs.

A présent, permettez moi de les inviter à s’avancer devant vous. Et pour cela, Monsieur le Maire, permettez moi d’emprunter vos mots :

Pople d’Arle veici ti Reino :

Henriette Bon, 4ème Reine d’Arles
Annie Berrard, 5ème Reine d’Arles
Françoise Calais, 6ème Reine d’Arles
Nicole Michel, 7ème Reine d’Arles
Myriam Yonnet, 8ème Reine d’Arles
Elisabeth Ferriol, 9ème Reine d’Arles
Odile Pascal, 10ème Reine d’Arles
Catherine Bon, 11ème Reine d’Arles
Géraldine Barthélémy, 12ème Reine d’Arles
Annick Ripert, 13ème Reine d’Arles
Carole Bressy, 14ème Reine d’Arles
Catherine Sautecœur, 15ème Reine d’Arles
Sabine Mistral, 16ème Reine d’Arles
Aurore Guibaud, 17ème Reine d’Arles
Florence Disset, 18ème Reine d’Arles

Chacune a su marquer les mémoires à sa manière, chacune a donné 3 ou 4 ans de sa vie à cette fonction et chacune a gardé en elle l’envie de transmettre sa passion que ce soit à ses enfants, à ses petits-enfants, ou simplement aux générations qui viennent. Parmi elles, il y en a une pour qui ce jour est encore plus particulier. C’était le 6 juillet 1958, il y a 50 ans exactement, dans ce même théâtre antique, Melle Henriette Bon était intronisée 4ième Reine d’Arles. Aujourd’hui, elle est notre doyenne et je me fais la voix de toutes les Reines pour lui dire tout le respect, l’admiration et l’amitié que nous lui portons.

Gento Reino Henriette, bon anniversaire.

A présent, c’est de notre 20ième Reine d’Arles dont je voudrais vous parler. Pendant les 2 mois que nous avons partagé, elle m’a conquise. Par sa douceur, par son sourire, par sa gentillesse, sa simplicité mais aussi par son caractère, elle m’a démontré qu’elle peut être une magnifique Reine toute en délicatesse et en générosité. Je lui souhaite un règne merveilleux, riche de rencontres et de moments forts. Je lui souhaite de cheminer pendant 3 ans avec fé, détermination, sérénité sur le chemin de l’épanouissement dans un esprit de paix et d’amitié avec ses Demoiselles d’honneur. Gento Reine Caroline, maintenant cette charge que nous avons toutes porté avec amour, est la tienne, porte la avec ton âme et jamais elle ne te pèsera.

Chaque année depuis 3 ans, il y a un moment dans mon discours que j’appréhende car j’ai peur que l’émotion ne soit trop grande. C’est le moment consacré à mes Demoiselles d’honneur. Au risque de me répéter, j’aimerais encore une fois leur dire combien je suis fière d’elles, combien j’ai été heureuse et honorée de partager ce règne avec elles, combien elles m’ont apporté de joie et d’amitié.

Emeline et sa prestance naturelle,
Sara et son visage de porcelaine,
Lisa et sa passion pour la roussatino,
Marjorie, sa maîtrise et son amour de la lengo nosto,
Coralie et son port de tête magnifique,
Herminie, sa délicatesse et soun parla prouvençau.

Vous êtes chacune à votre façon des Demoiselles d’honneur extraordinaires. Vous avez su tenir votre place dignement, vous m’avez toujours soutenu, épaulé, accompagné. Merci pour ces 3 ans, merci pour ce lien qui nous uni aujourd’hui et qui nous unira toute notre vie.

Afin que le souvenir de ce règne qui aujourd’hui prend fin comme il a commencé : dans l’harmonie, reste à jamais vivace, j’aimerais vous offrir 2 cadeaux. Ceux-ci ont été réalisés par 2 personnes qui, à différents niveaux, ont beaucoup compté pour moi durant ce règne. Permettez que je profite de l’occasion pour leur dire un petit mot. L’une est ma petite main adorée, ma couturière Gislaine Soler ; Gisou, je tiens à vous dire combien votre soutien à compté à mes yeux et combien je vous suis reconnaissante de tout ce que vous avez fait pour moi. L’autre personne est une amie chère à mon cœur qui a été présente à mes côtés depuis le tout début, et pour cause puisqu’elle était ma marraine pour l’élection. Cette personne c’est Sandrine Rozière. Sandrine, merci de ton soutien et de ton réconfort, de ta discrétion et de ton amitié.

Mes chères Demoiselles d’honneur, recevez ces cadeaux comme le symbole de notre unité, et de notre harmonie ; et sachez qu’ils ne sont rien comparé à tout ce que j’ai reçu de votre part, toute l’affection et toute l’amitié qui resteront à jamais dans mon cœur.

Avant de finir mon discours et de vous offrir ces cadeaux, j’aimerais adresser mes derniers mots à la personne la plus importante d’entre toutes, celle qui comme moi a donné 3 ans de sa vie avec passion et sans compter. Celle que vous n’avez que très rarement aperçu mais qui a été là à chacun de mes pas, celle qui a fait de moi celle que je suis puisqu’elle m’a mise au monde, qu’elle m’a élevé et qu’elle m’a transmis sa passion du costume et des traditions. Meirèto, je sais que normalement le brindis se fait au début mais nous ne sommes pas dans l’arène mais dans un théâtre et je ne suis pas en « habit de lumière » mais en arlésienne. Une arlésienne qui a grandi dans ton sillage, selon ton exemple et grâce à ton amour. C’est donc à toi que je dédie ce règne car TU es ma Reine.

A présent, je crois qu’il ne me reste plus qu’à tirer ma révérence et à vous dire adieu. Gens de tradition, vous représenter fut pour moi un honneur et une joie immense. Merci de tout l’amour que vous m’avez donné, il m’a transformé et je le garderai à jamais au fond de mon cœur comme un trésor.

dimanche 6 juillet 2008, par Nathalie Chay

P.-S.

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1 Message

  • Message pour Mme Natalie Chay

    Je suis à la recherche des descendants français de la famille Pierre Chaix et de Thérèse Giraud (ou Chay) qui est originaire de Lorgues (Var), vers les années 1755.

    Son fils soldat Jacques Chaix est arrivé en Nouvelle-France en 1756. Je suis l’un de ses descendants.

    J’ai trouvé votre nom en naviguant sur le web. En septembre dernier, j’ai voyagé en Provence.

    Merci de votre attention.

    Maurice Giroux

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