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Le Mât de Mai à Monsegur sur Lauzon

Montségur-sur-Lauzon est un charmant petit village de la drôme Provençale situé au sud de Grignan. Ce village fût la patrie d’Eugène Martin, poète paysan qui fonda l’Escolo di Lavando en 1926 et affiliée au Félibrige dès la Santo Estelle de la même année, le 21 mai 1926. Ami du neveu de Frédéric Mistral, Eugène Martin fût également maire de Montségur en 1945 et le resta jusqu’en 1970.

Depuis des décennies, il est de tradition à Montségur de planter « le Mai » à la cime du vieux village. Chaque année, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, les jeunes gens de la commune plantent l’arbre traditionnel selon un rituel qui se perpétue de génération en génération.

UNE TRADITION EN DANGER

Cette année en venant découvrir cette tradition, je ne m’attendais pas à vivre une telle aventure. Arrivant dans ce village désert en animation vers 19h, je découvre stupéfait sur la vitrine de la boulangerie un Arrêté Municipal déclarant après une liste d’article de lois que « La manifestation dans la nuit du 30 avril au 1er mai, dite « du mai » est interdite sur l’ensemble de la commune ». Les raisons à cet arrêté sont : « la présence de mineurs en état d’ébriété » , « les dégradations et les destructions effectuées sur du matériel en bon état » et enfin « les multiples plaintes déposées à la mairie et à la gendarmerie chaque année lors de la nuit du 30 avril au 1er mai ».

DES JEUNES AU CHEVET DE CETTE TRADITION

Sur cette même vitrine, je découvre un tract expliquant la tradition du mai dans le village et concluant : « Malgré un arrêté municipal interdisant cette tradition, les anciens et les jeunes du village ont décidés de ne pas « tuer le mai ». Le Mai aura bien lieu dans la nuit du 30 avril au 1er mai ». Abordant une dame dans la rue qui me confirme que les jeunes sont allés chercher « le Mai » dans le quartier des Jardins, je me lance dans la campagne à la recherche de ces jeunes décidés à perpétuer la tradition.

DEROULEMENT DE LA TRADITION

Mai_Monsegur-17Transporté à l’aide d’un tracteur jusqu’au pied du village, le Mai est un peuplier blanc d’une quinzaine de mètres au moins, dépouillé de ses branches inférieures, seule une pointe de feuillage reste.
Les jeunes sont une petite quinzaine cette année malgré l’interdiction avec une moyenne d’age de 18 - 20 ans.
Il est 20h quand « piboulo » d’une main et bière de l’autre, ils partent à l’assaut du vieux village ou devra être planté l’Arbre qui honorera et protègera le village durant toute l’année. Ignoré de tous ou presque, sans touristes, la lente procession traverse le village au son des pétards et des chants pour se donner du courage. Passant devant le seul du bar du village, les « anciens jeunes » les encouragent. Arrivé au niveau de l’ancienne mairie, siège dorénavant de l’Escolo di Lavando, la montée devient plus sérieuse.
Les visages se ferment et grimacent, la dernière partie n’a rien d’un parcours de santé. Une pause est prévue juste avant le franchissement d’un mur de presque trois mètres de haut qu’il faut a tout prix passer pour atteindre le lieu de plantation du Mai.

PLANTATION DU MAI

Arrivé au sommet du vieux Montségur, la vue sur le village et la campagne environnante au coucher de soleil est sublime.
Les jeunes ce congratulent entre eux en attendant le dernier rayon de soleil pour « planter le Mai », une pause arrosée est improviséeau son des pétards qui fusent de tous les côtés. Un « ancien du Mai » arrive sur le lieu de la plantation avec les cordes qui permettront de hisser cet arbre entre deux rochers. Après plusieurs minutes d’effort, l’arbre enfin à la verticale est salué par les quelques badauds restés au village pour contempler l’exploit des garçons du village. Une fois hissé et bien calé avec des pierres, une dernière épreuve attend les jeunes : il faut grimper sur l’arbre pour détacher les cordes qui ont permis la mise en place de celui ci. Par tradition la tache est confiée au moins âgés des jeunes participants ou tout simplement au nouveau participant à la montée du Mai. Un premier jeune s’élance à l’assaut du tronc de l’arbre sous les encouragements de tous. Arrivé à mis parcours il s’exclame « je peus pas » et tous de reprendre « allez redescend ». Un second jeune s’élance et comme le premier, redescend à mis parcours. Finalement, celui qui déjà avait débarassé l’arbre l’an dernier parviendra à enlever les cordes cette année encore sous les cris et applaudissements.

LE CHARIVARI

Une fusée explose, annonçant enfin la mise en place de l’arbre. Ce rituel collectif de plantation du Mai est ponctué de pétards par dizaines lors du retour au centre du village. Ils viennent à la rencontre des anciens du Mai, un passage au bar où ces anciens, un peu nostalgiques, déroulent une discussion sur les bons vieux souvenirs de cette tradition.

Le barbecue cette année est prévu derrière la salle des fêtes à l’écart des habitations pour se mettre règle avec les arrêtés de Mr le maire. La soirée ne fait que commencer à ce moment là. Elle durera toute la nuit avec « la tournée chez les filles » du village. A l’origine de cette tradition ce sont les jeunes conscrits qui allaient à la rencontre des jeunes filles célibataires du village avant de partir pour effectuer leur service militaire. Aujourd’hui, ces jeunes feront la tournée à pied chez leurs connaissances, notamment les sœurs de ces mêmes jeunes et cela durant toute la nuit. Évidemment, l’offre de la boisson à tous les participants est vivement incitée sous peine de voir disparaître un objet au hasard qui se retrouvera comme par miracle au centre du village. A chacun le lendemain de récupérer son bien……

EN CONCLUSION

La tradition de l’Arbre de Mai fêtée partout en Europe sous différentes formes et pour différentes raisons est une tradition datant du Moyen Age et rétablie à la révolution pour symboliser la liberté.
Signe de cette période, un drapeau français est traditionnellement attaché au sommet du Mai. Cette année, une interdiction a failli faire disparaître la fête dite « du Mai ». Cette bande de jeunes du village, sans chef ni responsable a mené la fête à bien, conciliant les impératifs des officiels avec la maintenance d’une tradition séculaire.

MERCI A EUX

MERCI POUR LEUR ACCEUIL

VIVE LA TRADITION DU MAI EN PROVENCE

Pour plus de renseignements :
Voici le site du petit fils d’Eugène Martin sur l’histoire du village de Montségur : http://membres.lycos.fr/montsegursu...

Exemple de Mai en Provence dans le village de Cucuron (Vaucluse) en l’honneur de Sainte-Tulle (cette année le samedi 23 mai 2009) : http://www.cucuron-luberon.com/?rep...
Un autre exemple dans le Var avec la fête du Mat de Mai à Varages : http://www.sanfoutin.com/

mardi 5 mai 2009, par Gabriel Clavel

En images

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