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Carle Naudot, un témoin exceptionnel

L’association Camargo Souvajo organise la fête du sel chaque année au mois de Mai à Salins de Giraud.

Cette année, l’association s’est inscrite dans le fil du 500e anniversaire de la Confrérie des gardians, organisant une exposition autour de Carle Naudot et du gardian.

Invitant un parterre de gens de bouvine, le vernissage de l’exposition a donné lieu à une causerie autour de ce métier de gardian, avec des intervenants comme Annelyse Chevalier, auteure du livre Gardians de Camargue, et des manadiers comme la Famille Laurent au grand complet, Hubert Et Françoise Yonnet, ou Olivier Blanc.

Une soirée comme on rêverait d’en voir plus souvent, ou mémoire, anecdotes et épisodes de vie constitue l’Histoire de ce métier en Camargue.

Deux jours plus tard, Estelle Rouquette, conservatrice du musée de Camargue revient à Salins pour une conférence sur Carle Naudot.
Naudot est à l’honneur en cette année du 500e anniversaire de la confrérie, le musée réédite en effet le mythique "Camargue et Gardians".

Ce soir là, Madame la Conservatrice vient parler de Carle, de l’esprit dans lequel il a écrit cet ouvrage, fait ce travail d’ethnographe, de chroniqueur.

Carle Naudot est arrivé au Salin en 1900. D’abord employé SNCF à Arles, il a été embauché comme dessinateur à Solvay. Tombé amoureux de la fille de Christophe Yonnet, ce gars de la ville est également tombé amoureux de cette terre, qu’il jugeait vierge et vraie.

En 1912, à la mort de son beau père, il entreprend un travail de chroniqueur photographe ethnographe. Chaque jour, il emporte avec lui 6 plaques de verres pour autant de photographies qu’il indexe scrupuleusement dans un carnet : lieu, heure, météo. Il dessine également des portraits des gens de Salins. Il décrit le milieu : la faune, la flore et jusqu’aux mouvements deltaiques. Il devient chroniqueur, rapportant fêtes ou naufrages. Enfin il se penche sur le métier de gardian et le décrit avec un luxe de détails dont personne n’aurait osé rêver.

Après avoir écrit "le Seden" et "Terro Camarguenco", Carle Naudot s’apprêtait à faire publier sa maquette en 1948. Il n’en a pas eu le temps. Ses filles Nerthe et Esterelle ont conservé longtemps cette maquette, jusqu’à la création du parc naturel régional de Camargue. Jugeant là qu’il se créait quelque chose digne de servir cette cause à laquelle s’était consacré Carle, elles ont offert ce manuscrit au Parc. C’était en 1978, la première édition du "Camargue et Gardians" était enfin publiée, 30 ans s’était écoulé.

Georges Vlassis, aujourd’hui directeur du "mas de la cure, la maison du Cheval Camargue" a finalisé cette maquette, rajoutant ça et là quelques photos, dans le respect de l’esprit voulu par Naudot.

L’ouvrage existe toujours, mais il était temps, cette année entre toutes de le rééditer. L’esprit de Carle a été conservé. Cette nouvelle édition respecte le choix de photos de l’auteur, se contentant d’en ajouter d’autres sans en enlever aucune, annotant en marge certaines d’entre elles, corrigeant quelques fautes de provençal et mettant à jour les données au jour de ces 34 ans passés depuis la première édition.

Cette nouvelle édition est extraordinaire. Nerthe et Esterelle ont également confié au parc l’intégralité des plaques de verre de Carle Naudot. Le musée dispose ainsi de 2000 photographies qu’il a patiemment numérisé et mis en ligne sur le site Joconde [1]. La technique a permis de tirer le meilleur de ces photos et l’édition 2012 affiche ainsi des images que tout photographe rêverait d’avoir fait.

Le texte est exceptionnel, tout comme les dessins de Carle, s’agissant là de son métier. Il n’y a guère que les dessins qui n’étaient pas de sa main qui ont été refaits, plus travaillés.

Un ouvrage à posséder si l’on s’intéresse à la Camargue d’Aujourd’hui.
Naudot avait peur que les modifications qu’il observait ne soient le linceul de la Camargue qu’il avait connu. Celle ci a certes changé, mais a su conservé un esprit entier.

La conférence d’Estelle Rouquette a soulevé un coin du voile, donné envie de plonger au coeur de ce livre, témoin d’un temps que les moins de 20 ans...

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Le livre est en vente au musée de Camargue au Mas du pont de Rousty. Ne tardez pas, le musée ferme pour réfection de Novembre 2012 à Octobre 2013.

mardi 22 mai 2012, par Eric Blanc

Notes

[1] Le site Joconde présente de nombreuses photographies de Carle Naudot et de Gaston Bousanquet, à voir ici : http://www.culture.gouv.fr/public/m...
©Eric Blanc, 2013
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