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L’Inscription du Costume d’Arles au Patrimoine Culturel Immatériel

Le port du Costume d’Arles est répandu en pays d’Arles où nombre de gamines, fillettes, filles et femmes arborent cette tenue séculaire aussi souvent qu’il leur est possible.
Qu’est ce qui pousse autant de femmes à se costumer, à porter une tenue dont les codes stricts rendent l’exercice difficile, nécessitant un apprentissage long ?

Les raisons sont multiples. Il y a autant “d’Arlésiennes” que de femmes. Toutes sont différentes, des motivations différentes les poussent à s’habiller. Elles ont appris à porter le costume parce que cette tenue fait partie de leur identité, de leur tradition, de leur mode de vie.

Le costume d’Arles est un patrimoine vivant, une culture.

Tradicioun et le Conseil Régional de Provence Alpes Cote d’Azur demandent le classement du port du costume d’Arles au titre du Patrimoine Culturel Immatériel de France.

le PCI

La notion de Patrimoine Culturel immatériel a été introduite en 2003 par l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, l’UNESCO, dans une convention. Cette convention complète la notion de patrimoine matériel en reconnaissant la notion de patrimoine vivant. Devant le danger que représente la mondialisation pour les particularismes locaux, décision a été prise d’inventorier des pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire que les communautés reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.

Ainsi, nous pensons que le port du costume d’Arles a sa place au sein de cet inventaire. En effet, dans la description faite par l’UNESCO de ce qui peut entrer au sein de ce patrimoine, il est possible de lire que :

“Le patrimoine culturel immatériel recouvre les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.”

“Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine.”

Dans ces deux notions, il apparait important que les “groupes et individus” reconnaissent eux-même la notion de patrimoine dans leur pratique. La notion d’identité et de continuité transmise sur plusieurs générations de la pratique doit continuer d’avancer, d’évoluer et faire ainsi partie de ce temps.

L’UNESCO reconnait diverses catégories comme rubriques de classement : traditions et expressions orales ; arts du spectacle, pratiques sociales, rituels et événements festifs, connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers et enfin les savoir-faire liés à l’art traditionnel. Le port du costume d’Arles a sa place au sein de des pratiques sociales, rituels et événements festifs.

L’UNESCO a prévu deux listes d’inscription exclusives : une liste représentative, et une liste de sauvegarde urgente. Dans la seconde, le patrimoine est en danger imminent et doit être sauvé. Dans le cadre du costume d’Arles, il se porte bien, merci pour lui...

Dans les critères d’inscription, on peut lire 5 conditions :
- R1 : L’élément est constitutif du patrimoine culturel immatériel tel que défini à l’article 2 de la convention pour la sauvegarde du PCI
- R2 : L’inscription de l’élément contribuera à assurer la visibilité, la prise de conscience de l’importance du patrimoine culturel immatériel et à favoriser le dialogue, reflétant ainsi la diversité culturelle du monde entier et témoignant de la créativité humaine
- R3 : Des mesures de sauvegarde qui pourraient permettre de protéger et de promouvoir l’élément sont élaborées
- R4 : L’élément a été soumis au terme de la participation la plus large possible de la communauté, du groupe ou, le cas échéant des individus concernés et avec leur consentement libre, préalable et éclairé
- R5 : L’élément figure dans un inventaire du patrimoine culturel immatériel présent sur le territoire de l’état partie soumissionnaire.

La notion R5 est importante. Rien n’est soumis directement à l’UNESCO, cette organisation est un regroupement d’états membres qui sont les soumissionnaires des dossiers. Afin d’être en mesure d’être inscrit sur une des listes de l’UNESCO, il faut faire partie d’un inventaire national.

C’est ainsi que les états membres ont ratifié la convention en prenant l’engagement d’établir de tels inventaires sur leur térritoire. La France a ratifié cette convention en 2006. Nous nous proposons donc de faire inscrire le Port du Costume d’Arles au titre de ce patrimoine vivant de la France.

Il apparait clair que s’agissant d’une prolongation de la convention UNESCO, les critères que nous devons retenir pour notre demande sont ceux de la convention 2003, même si ceux de la France sont différents. Les différences entre ces deux questionnaires sont faibles voire infimes.

Au titre du Patrimoine Culturel Immatériel de la France, il est prévu le remplissage d’un questionnaire, une “fiche type” qui pose les questions de l’identification de l’élément, sa description, son apprentissage et sa transmission, l’intérêt patrimonial et sa mise en valeur, son mode de valorisation, sa diffusion, ses modes de reconnaissance publique, sa documentation et ses mesures de sauvegarde.

L’UNESCO pose en outre comme condition à la demande d’inscription une adhésion pleine et éclairée de l’ensemble des pratiquants ainsi qu’un engagement des politiques.

Il est de toutes façons inimaginable de se lancer dans un tel projet “en catimini”. L’inscription du port du costume d’Arles est un acte que nous jugeons important. L’importance de cette inscription aura un retentissement certain au sein de la communauté, nous n’en attendons pas plus. Nous le faisons “pour nous” pour notre territoire et notre identité. L’influence que cette inscription aura à l’extérieur du pays d’Arles n’est pas la préoccupation première de notre demande, même si celle ci est indéniable. L’image véhiculée par le costume d’Arles a toujours été l’élan qui a fait perdurer ce costume bien plus qu’il n’aurait dû si l’Arlésienne n’avait pas été aussi belle.

Voici le projet dans ses grandes lignes. Afin de pouvoir remplir la fiche type demandée par le ministère de la Culture, nous devons donc :

Identifier “l’élément”, le port du costume d’Arles. Nous devons ensuite le décrire, décrire sa transmission, sa mise en valeur, sa reconnaissance et les mesures de sauvegarde qui permettront de faire perdurer l’élément.

Tout commence ainsi par des inventaires : inventaire des villages dans lesquels le costume est porté, des occasions au cours desquelles il est porté, des groupes de maintenance, des arlésiennes qui le portent sans pour autant faire partie d’un groupe, de celles qui le portent au delà des occasions “spéciales” marquées tradition, des rites liés au port du costume, rites de passages, rites modernes. Il nous faudra également répertorier les ateliers mis en place permettant à celles qui le veulent d’apprendre à se coiffer, à se faire ses costumes, à découvrir et redécouvrir une partie de l’Histoire liée au commerce des tissus.
Il faut ensuite investiguer les domaines liés au costume : la bouvine, les pastorales etc... qui sont d’autres facettes d’une même culture. Il ne faut pas oublier l’importance du costume dans l’économie, les représentations officielles des édiles locaux, l’importance pour le tourisme.

Nous commencerons donc par des réunions d’information - débats sur le sujet. Nous y parlerons du Patrimoine culturel immatériel et y recueillerons le point de vue des arlésiennes.

A ce titre, n’hésitez pas à nous contacter via l’adresse email contact@tradicioun.org si vous voulez que nous venions parler de ce projet. Conférence sur le sujet, veillée, débat... Nous sommes à votre service. Réunissez quelques personnes, et nous discuterons du projet.

Enfin il faudra ensuite imaginer des actions qui permettront de sauvegarder ce patrimoine. Nous lancerons prochainement un site internet sur ce projet mettant en ligne les inventaires afin de renseigner, diffuser l’actualité, annoncer les événements et présenter les témoignages d’Arlésiennes portant le costume, les soutiens de nos politiques, le point de vue de présidents d’associations de tradition...
Un centre de ressources sur le sujet.

Mais tout cela ne se fera pas sans les Arlésiennes. Si elles ne veulent pas de cette procédure, alors rien ne se fera.

Et vous, qu’en pensez vous ?

jeudi 6 octobre 2011, par Tradicioun

3 Messages de forum

  • C’est une merveilleuse idée. Si cela se concrétisait, notre costume serait reconnu mondialement, c’est très beau ! Bravo pour l’initiative !

  • Je pense qu’il le mérite, quand on voit la qualité et la diversité des assemblages de couleurs qui le compose

  • L’Inscription du Costume d’Arles au Patrimoine Culturel Immatériel Le 2 novembre 2011 à 08:06, par Danielle Raspini

    J’ai pris connaissance du costume d’Arles en 2002 alors que je suis arrivée en Provence début 2000. C’est dire à quel point, même localement, cette tradition bien que toujours vivante est étonnamment méconnue. Et quel dommage ! Le costume d’Arlésienne, dans sa beauté, sa richesse, son inventivité, va bien au-delà d’une recherche esthétique cherchant à satisfaire aux besoins de séduction ou d’affirmer son identité locale et folklorique. Il est en réalité la manifestation somptueuse d’une culture fortement enracinée dont l’intérêt le plus évident est de transmettre le goût de l’expression personnelle tout en respectant les règles acceptées par tous.

    Il y a très peu d’activités qui offrent cet enseignement. Nos sociétés contemporaines qui mettent en avant le culte de la personnalité en même temps que l’uniformisation ou la pensée unique ont oublié ou occulté ces notions si familières à l’Arlésienne.

    Je suis certaine que l’Inscription du Costume d’Arles au Patrimoine Culturel Immatériel serait une chance inespérée pour la Tradition non seulement de ce Pays mais aussi pour beaucoup d’autres …

    Je suis désolée que « l’Arlésienne » reste le symbole de l’absence, celle que l’on ne voit jamais, elle a tant à nous dire !

    Je suis bien évidemment partie prenante pour participer à toutes actions qui permettraient de faire avancer ce projet.

    Bien à vous toutes.

    Danielle Raspini

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