<< Retour

Les étapes de la vie

la naissance

dimanche 14 novembre 2004, par Magali Blanc


La vie est régie par un code d’usage que chacun et chacune se doit de respecter.

Autrefois, pour avoir un enfant, on allait dans l’église des Saintes Maries, en pèlerinage, pour gratter la pierre d’un petit autel primitif, placé à gauche d’un autel antique et on mettait les débris obtenus dans un sachet de toile que l’on gardait contre soi.

Au milieu du siècle dernier, on disait à Marseille que lorsqu’un chien arrose une femme enceinte, elle aura un garçon. Autrefois, on disait qu’une ligne bleuâtre, verticale au milieu du ventre, annonçait une fille. Quand une femme enceinte trébuchait, on disait : ce sera une fille. Lorsqu’une femme a eu un enfant, on peut deviner ainsi le sexe du deuxième, si la lune a change durant les 10 jours qui suivent la naissance du 1er, le sexe de 2eme changera. On dit aussi, grossesse haute : fille, grossesse basse : garçon. On peut attacher un sou percé au plus long cheveu de la future mère et s’en servir de pendule sur son ventre ; s’il tourne c’est une fille, s’il se balance un garçon. On se basait aussi sur la lune. Si la conception était faite de lune vieille on aurait une fille et vice-versa. La conception du mois de mai était favorable aux garçons, tandis que le mois d’octobre était favorable pour les filles.

A l’annonce d’une espérance de maternité, on disait en plaisantant les futurs parents : An négat lou ferrat (ils ont noyé le seau)

Les envies poilues sont attribuées à une frayeur d’animal. Une future maman doit éviter de croiser les jambes pendant la grossesse, car au moment de l’accouchement le bébé risquerait de s’étrangler avec le cordon . On ne doit pas se faire soigner les dents pendant la grossesse. Le berceau ne doit pas être préparé trop à l’avance et lorsqu’il est prêt, on le dépose dans une pièce où l’on ne pénètre pas souvent ou chez une voisine, sinon cela porte malheur à l’enfant.

On dit que la lune nouvelle rend les naissances plus faciles, la lune vieille plus difficiles. Lorsque les douleurs commencent, on allume un cierge de couleur vert que l’on a acheté le jour de la chandeleur à St Victor. Elles doivent être terminé lorsque le cierge est consumé. Naître avec des cheveux est un signe de bonheur. L’épi que porte le bébé est appelé « mèche du bonheur » Certains enfants viennent au monde avec une légère membrane sur le crâne, on dit qu’ils sont nés avec la « crépine » ou nés « coiffés ». C’est un signe de bonheur. Dans de nombreux villages, on enterrait le placenta au pied d’un figuier. Cela favorisait un lait abondant et une tétée facile pour le petit.

Lorsque la 1ere voisine venait faire sa visite à l’accouchée, elle lui portait en présent : Un morceau de pain Un œuf Du sel Une allumette Elle disait : Siegue bon coume lou pan Plen coume un iou Saur coume la sau A dré coume une brouqueto Qu’il soit bon comme le pain, plein comme un œuf, sage comme le sel et droit comme une allumette. On offrait li presènt, offrandes symboliques Le pain, pour que l’enfant fut bon Le sel, pour qu’il fut sage, sain, pur L’œuf, pour qu’il fut plein de santé L’allumette pour qu’il fut droit au physique comme au moral Le miel pour qu’il fut doux.

Lorsqu’on maillotait les bébés, on cachait une petit sachet de sel fin dans la sangle, pour éviter qu’il soit emmasqué. Pour conjurer le mauvais oeil, la mère mettait toujours un vêtement à l’envers(une chaussette, un maillot de corps). L’enfant était mailloté pendant huit mois. Il portait ensuite un jupon jusqu’à l’age de 4 ou 5 ans. Ensuite on mettait un pantalon court au garçon jusqu’à ce qu’ils quittent l’école communale. Dans le pays d’Arles on dit au petit portant sa première culotte : dous det de cambo et veici lou quiéu (deux doigts de jambes et voici déjà le cul). Si l’enfant à tout petit derrière on dit : a un quièu coume dos vene d’aiet (il a un derrière comme deux gousses d’ail).

Chez nous,la coutume veut que le parrain jette des sous aux enfants lorsque l’on sort de l’église. Ils crient : jito, peirin (jette parrain) et si le parrain était radin : o peirin rascous, lou pitchoun vendras gibous (bossu)

Le garçon prend le prénom de son parrain, la fille celui de la marraine.

Quarante jours après l’accouchement, avaient lieu les relevailles. La mère se portait sa parure de noce et avec sa propre mère amenaient l’enfant à l’église. Les relevailles ne devaient pas avoir lieu un vendredi.


Dans la même rubrique
Rubriques
SPIP - iTwX Mobile © 2012 - -