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Pèlerinage d’automne aux Saintes

Temps estival ce dimanche 21 octobre ; temps calme et idéal en Vaucluse. La traversée des Alpilles et du pays arlésien ne laissait en rien présager de l’acceuil fait aux Saintes-Maries. Les bourrasques du Sud menait notre Méditerranée à l’assaut de la digue de la petite ville, malgré la présence des multiples brise-lames placés pour tempérer l’appétit vorace des flots pour les terres à proximité du Petit Rhône.
Habituellement, plus d’une heure avant l’office religieux, le rassemblement des pélerins, curieux, Arlésiennes et confréries donnait une ambiance "spéciale" sur la place de l’église. Il s’agit d’une ambiance indescriptible par de simples mots, celle qui donne une impression particulière planant sur une assemblée lors de pélerinages. Température hivernale ou coups de Mistral n’empêchait en aucune façon ce rassemblement. Mais, ce dimanche, la place était déserte. Eglise et maisons voisines acceuillaient les participants à cette fête. Les Arlésiennes traversaient la place, jupons au vent ; celui-ci prenait un malin plaisir à enlever les épingles des fichus qui s’entortillaient autour du visage de nos belles, impassibles ou presque.
Après l’office où le climat n’a eu de prise sur la ferveur des pélerins, le défilé a eu lieu au travers des rues de la ville. Par contre, la mer avait pris possession des plages jusqu’à la digue. Seule restait une languette de sable détrempé où s’entassait la foule. Nos Arlésiennes étaient spécialement courageuses. Leurs pieds s’enfonçaient dans le sable spongieux ; aux premiers pas, la bas de leur jupe était gorgé d’eau de mer. Souvent, elles devaient la soulever des deux mains ; un double page n’aurait sans doute pas suffi à supporter le poids du tissu détrempé. Ajoutons le vent violent et le tableau est complet. Heureusement, la compacité de la foule sur la petite surface sablonneuse a limité les prises au vent.
Après la bénédiction traditionnelle,le retour vers l’église s’est opéré au galop ou presque. Le cortège avait cependant maigri de façon inquiétante. Heureusement, la température exceptionnellement favorable a tempéré les aspects négatifs de l’événement et le sourire était présent sur tous les visages...ou presque.

Ce pélerinage du troisième dimanche d’octobre présente un intérêt particulier parmi les trois pélerinages annuels. Celui du 24 mai est avant tout une manifestation dédiée aux gens du voyage et au tourisme de masse ; celui du premier weekend de décembre est très intime et fréquenté en priorité par les Saintois. Celui-ci se trouve à mi chemin des deux autres : ni foule compacte, ni quelques fidèles perdus dans l’église. On y retrouve et l’ambiance religieuse d’un pélerinage et la convivialité ainsi que le plaisir de retrouvailles d’habitués Provençaux qui fêtent, le coeur un peu tristounet, la dernière sortie "estivale" de nos belles.

Rendez-vous en 2013 !!!

lundi 29 octobre 2012, par Guy Nolet

P.-S.

Petite curiosité : connaissez-vous l’oreiller des Saintes ? Bloc de marbre blanc, enchâssé dans un pilier à gauche de l’entrée de l’église, c’est sur lui que reposaient, dit-on, les têtes des deux saintes, retrouvées en 1448. Ce bloc devait sans doute être l’objet de vénération païenne avant l’arrivée de Marie Madeleine. Plus de détails seront trouvés dans l’ouvrage de Frédérique Jourdan, "Sur les Pas de Marie Madeleine" aux editions Ouest-France.

En images

©Eric Blanc, 2013
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