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Pauline, XXVIIIème maio de Fourques

Le rendez-vous fait partie du paysage de la tradition en Pays d’Arles.

A la suite de la fête des gardians, et de l’élection de la reine d’Arles une année sur trois, a lieu à Fourques la nomination de la Maio le premier dimanche de Mai.

C’est ainsi que Pauline Niquet est devenue très officiellement la XXVIIIème Maio de Fourques ce dimanche. L’origine de la fête de la maïo remonte à l’antiquité et en fait l’héritière de la Déesse Maia.

Le couronnement d’une Maio a perduré dans le temps pour finalement tomber en désuétude dans les années 50. C’était compter sans quelques mainteneurs ici et là qui ont décidé de faire revivre ce rite de passage célébrant la vie et les enfants.
C’est ainsi que depuis 28 ans, l’Escolo d’Argenço célèbre chaque année une enfant. Depuis 2006, nous avons connu Maureen, Clara, Lisa, Mathilde, Nais, et cette année Pauline.

La journée de Pauline commence comme pour ses ainées, par un tour de calèche à travers la ville jusqu’à l’église. A la fin de la messe, le cortège est formé. Cette année, une halte est prévue en devoir de mémoire au monument aux morts, avant d’aller rejoindre l’hôtel de ville.

Pauline sourit... Elle n’a pas quitté ce sourire aujourd’hui, mi fière mi simplement heureuse comme l’enfant qu’elle est.

La journée lui est consacrée à elle et à ses amis. L’escolo d’Argenço ne voulait pas d’un écrin d’adultes. Les groupes qui ont été invités l’ont été sur la base de la vivacité de leur section enfantine, les adultes n’étant finalement que des accompagnants. Et quelles accompagnantes... La reine du ruban de Mouriès et la demoiselle des Moulins de Fontvieille ont fait le déplacement pour offrir quelques pièces à une maio dont les yeux brillent.

Avant le couronnement de la Maio, c’est Nais qui est à l’honneur. Maio 2010, elle prend la coiffe en cravate à cette occasion et reçoit des mains de Fanny sa première cigale, un rite de passage impliquant chacune des filles, et plus chacun des membres du groupe. A son tour elle couronnera Pauline.

Mr le Maire Gilles Dumas dira tout le bien qu’il pense de cette fête, véritable emblème de la vie, et remerciera chaleureusement l’escolo d’Argenço de maintenir une fête si importante, celle des enfants.

Cet article prononce souvent le mot enfant... Enfant, enfant. Dans notre société moderne, on essaie d’en faire de petits adultes responsables. On les emmène ici, là, leur explique des choses comme à des grands... _ Sauf que.

Ce sont des enfants. Vous savez ces petits êtres encore capables de s’émerveiller devant une fleur, capables de rire à gorge déployée en voyant courir un chien et dont le monde s’effondre quand "j’ai fait tomber mon bonbon", ou "qu’elle m’a poussé".
Ces êtres que vous étiez jadis et qui ont largement le temps de découvrir le monde des grands.

Mais c’est encore la présidente de l’association l’Escolo d’Argenço qui en parle le mieux, nous offrant un discours que je ne résiste pas à vous faire partager.

Patricia Disset :

Je voudrais tout d’abord saluer très chaleureusement nos ravissantes représentantes de la tradition du Pays d’Arles mademoiselle Annelyse Dedoler-Puech, Reine des Fêtes du Ruban de Mouriès ainsi que Melle Marie-Charlotte Rodriguez, toute nouvelle demoiselle des moulins de Fontvieille accompagnée de Mlle Sophie Sabatier, sa demoiselle d’honneur.

Au nom de l’Escolo d’Argenço et comme tous les présidents qui m’ont précédée, j’ai grand plaisir à vous dire combien votre présence à la Fête de la Maïo est un signe fort en direction de ces enfants. Votre présence aujourd’hui parmi nous est la marque de votre attachement à nos traditions et la reconnaissance de leur nécessaire transmission. Car cette enfant, si elle est, et nous y tenons, une fillette parmi les autres, est aussi le symbole d’une jeunesse en devenir. L’attention que vous leur portez, le regard que vous leur accordez, le modèle que vous leur montrez, seront pour elles, celui d’un chemin qu’elles auront envie de suivre. Car vous êtes les grandes sœurs qu’elles admirent et l’image même d’un avenir dont elles rêvent en secret. Vous guiderez, certainement leurs choix de demain sur le chemin de la tradition. Soyez grandement remerciées d’être venues leur accorder votre attention.

Aujourd’hui, l’Escolo d’Argenço est heureuse de vous présenter sa 28ème Maïo et sa demoiselle d’honneur. Toutes deux ne le savent pas vraiment, mais en dignes héritières d’une histoire millénaire qui a vu une fête antique du renouvellement des saisons, de la fécondité et de la féminité devenir au fil des siècles une simple et gracieuse parade enfantine, elles attachent aujourd’hui un maillon supplémentaire à la chaîne séculaire d’un passé qui se veut riche mais résolument tourné vers l’avenir. La fraîcheur de leur sourire, la grâce de leur tournure et la joie dans leurs yeux sont le symbole de ce temps toujours recommencé.

Mais sous ses airs enfantins et naïfs, cette fête de la Maïo reste chargée d’une symbolique très forte. Mme Dominique Séréna Allier, directrice du Museon Arlaten, l’a longuement souligné lors de la conférence que nous avons eu l’honneur d’entendre hier soir : elle est un des rites de passage qui unit nos filles de Provence au fil des années. Elles sont petites Maïo à Fourques, depuis 2010 Mireïeto à Arles, jeunes vierginenco aux Saintes Maries de la Mer et rêvent toutes du Théâtre Antique.
Elles grandiront avec des valeurs, des repères et la certitude que leurs racines, profondes et solides, leur permettront d’être des adultes conscientes de leurs devoirs.
Elles seront surtout sûres de leur identité et fières de leur culture. Loin d’une mondialisation outrancière, elles porteront leur costume et leur histoire comme une évidence, au bras de compagnons forgés à tous ces vents de Provence qui façonnent leur territoire. Et chacune d’entre elle sera reine chaque fois qu’elle ceindra son front que ce soit de fleurs, d’une fraîche cravate blanche, d’un somptueux ruban de velours ou de ganses de fines dentelles.

C’est maintenant au tour de nos chatouno de prendre la relève et de venir vous montrer combien elles sont fières de mettre leur pas dans celui de leurs 27 aînées.

Je vous présente donc :

- Laurine, elle a été choisie comme demoiselle d’honneur de la 28° Maïo. A 9 ans, membre de l’association depuis un an, elle apprend les chants et les danses du folklore du jeune âge. Elle est assidue à toutes les activités et manifeste un vrai plaisir à la découverte des traditions. Ses parents et ses sœurs l’entourent aujourd’hui avec beaucoup d’émotion.


Voici maintenant notre nouvelle Maïo : Pauline.
-  Pauline s’inscrit dans une histoire familiale bercée de danses et de dentelles. Sa maman porte le costume, danse et sa mamie coud à merveille. Je sais que toute sa famille est, ici, très émue et très fière. La grâce de Pauline, son sourire et sa sagesse, cette petite étoile de plaisir qui brille dans ses yeux lorsqu’elle danse l’ont tout naturellement conduite à recevoir ce titre en 2011. Elle est un exemple pour ses petites camarades.

Chatounetto, je vous souhaite et tous les membres de l’Escolo d’Argenço avec moi, une année pleine de joie et d’estrambord où vous porterez, nous le savons, haut et fier, les couleurs de votre groupe, de votre village et de vos traditions.

Il est temps de danser. Un peu maintenant, beaucoup l’après midi dans l’auditorium, non sans avoir visionné l’excellent film réalisé par David Bonnet l’an dernier. A voir sans aucun doute.

C’était une belle journée. Une journée pour les enfants. Une journée pour nos enfants.

mercredi 11 mai 2011, par Magali Blanc

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