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Mirèio, de l’écriture à l’opéra

En 1863, Mistral reçoit une lettre de Charles Gounod lui demandant la permission de tirer un opéra en quatre actes de Mirèio sur un libretto de Michel Carrré.

Frédéric lui répond

Maillane le 15 Février 1863

Cher monsieur,

Je suis ravi que ma fillette vous ait plu et encore, vous ne l’avez vue que dans mes vers ; mais venez à Arles, à Avignon, à Saint-Rémy, venez la voir le dimanche quand elle sort des vępres, et devant cette beauté, cette lumière et cette grâce, vous comprendrez combien il est facile et charmant de cueillir par ici des pages poétiques. Cela veut dire, maître, que la Provence et moi vous attendons au mois d’avril prochain.

Votre poète

F. Mistral

Maillane-Mireio-09-300Le 10 septembre dernier, le Mas du Juge fait un bond dans le temps. Nous sommes en Avril 1863, et Charles Gounod arrive au mas pour présenter son projet.

Charles et Frédéri conversent, Mistral explique toute la beauté et la finesse de Mirèio, Gounod lui montre ce qu’il a réalisé. Sous nos yeux les scènes s’enchainent comme une séance de travail entre ces deux hommes. Le résultat est extraordinaire. Les acteurs sont doubles, ceux du théatre et ceux de l’opéra. La lecture des scènes de Mirèio précède les temps forts de Mireille. Le spectacle, oscillant entre théatre et opéra forme un ensemble unique, si naturel que l’on croirait assister à une chronique.

Cela s’est certainement passé ainsi entre les deux hommes, comment en aurait il pu être autrement.

La réalisation de Jo Laugier et la mise en scène de Frédéric Barbantan sont exemplaires. Plus de soixante dix personnes ont participé à la création de ce spectacle. L’ensemble fini, les deux hommes respirent. Point n’est besoin de les interroger sur le spectacle, leurs yeux parlent pour eux. Ils sont heureux et fiers d’avoir de tels amis, se donnant si entièrement pour la réussite de ce spectacle.

Le seul regret touchera celles et ceux, nombreux, qui n’ont pas eu de billet. Il y avait 500 places, les organisateurs auraient doubler et même tripler les dates. Le spectacle a été joué à guichets fermés. L’office du tourisme qui gérait la billetterie a demandé qu’on retire son numéro de téléphone des annonces tant les coups de fil étaient nombreux la semaine précédant le spectacle.

Magie de l’éphémère, au théatre tout n’existe que le temps d’une fleur d’hibiscus, des mois de préparation pour un jour à la lumière. Un jour splendide...

J’ai vu en un soir unique Mirèio de Mistral et Mireille de Gounod, les deux oeuvres si bien enchevêtrées qu’on ne sait plus où finit l’une et où commence l’autre. Mirèio donnée en Provençal par quatre lecteurs dont la performance derrière les pupitres vaut celle des acteurs sous les spots. Jo et Frédéric n’auraient pas conçu la Mireille de Mistral autrement qu’en lengo nostro. Une fois de plus, ils ont raison.

L’ensemble est salué comme il se doit par une salve d’applaudissements. Au premier rang, Jaque Mouttet, Capoulié du Félibrige, Caroline Serre XXe Reine d’Arles et ses demoiselles d’honneur Marion Pitras et Elodie Bretagne initient la Standing Ovation, comme on dit en provençal.

Monumentale soirée au mas du Juge.
Je le dirai certainement dans quelques années : J’y étais

Sous la patte de Jo et Frédéric, ils étaient nombreux à se donner corps et âme, à vivre cette expérience :

Les Acteurs, du théatre à l’opéra
MirèioMireille
Frédéric Mistral : Eric Rodier Charles Gounod : Bernard Novelli
Mirèio : Camille Pratesi Mireille : Marie-Josée Bernard-Savoye
Vincèn : Fabien Rambaud Vincent : Patrice Blanc
Ourrias : Bruno Faure Ourrias : Michel Bruguière
Taven : Laure Laugier Taven : Nadia Schultz
Jano Mario : Monique Richard Vincenette : Ghislaine Bruguière
Ramoun : Michel Bernard Ramon : Patrick Jouve
Ambrosi : Michel Fabre Ambroise : Jeannot Bertolotti
Veran : Jean Christophe Brel Le petit berger : Pauline Brizi
Alari : Floriant Ginoux Le Bouvier : José Olmo
Le Passeur : Dominique Durand L’ange : Rose Barbantan

La Chourmo
Les conteurs : Michel Bouisson, Madeleine Grosfils, Virginie Brel, Pierre Carrère
Les danseurs : Philippe Chauvet et sa troupe
Les gardians de l’amicale équestre de la Montagnette

Les figurants : L’atelier du Costume de Maillane
Au Piano : Marion Liotard et son assistant François Gourrier
Aux décors : Bruno Richard et Thierry Rey
Aux costumes : Fabienne Laugier et Laure Laugier
Au maquillage : Lydie Niel
Les assistantes plateau : Hélène Brossard et Perrine Laugier
Régie son et lumière Frédéric Fontenille…

Et bien sûr

A la réalisation : Jo Laugier
Mise en Scène : Frédéric Barbantan

Sans oublier la propriétaire des lieux mis à disposition Sophie Vulpian

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samedi 12 septembre 2009, par Eric Blanc, Pierre Madec

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1 Message

  • Mirèio, de l’écriture à l’opéra Le 10 octobre 2009 à 10:34, par Cigalia13

    Qui a vu Mireille au Mas du Juge à Maillane et Mireille à l’Opéra de Paris, sait désormais où se trouve la beauté, la justesse et le vrai charme de cet opéra.

    A MAILLANE : 20/20

    A PARIS :9/20

©Eric Blanc, 2013
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